Portrait de Thomas

Président de la MJC de Demigny

D’usager à président

Quel est ton lien personnel avec le monde des MJC ou de l’animation ? Étais-tu originaire de Demigny ?

Cela fait bientôt huit ou neuf ans que j’y suis. J’ai commencé en venant comme spectateur avec mes parents à des activités organisées comme les concerts. Par la suite, j’ai intégré différents clubs : VTT, radio, et un peu le club cinéma. J’ai eu la chance de participer à un conseil d’administration qui m’a permis d’en apprendre d’avantage, « voir l’envers du décor ». Je suis devenu trésorier à l’âge de 16 ans puis président à 18 ans.

NDLR : Aujourd’hui Thomas a 19 ans et est étudiant en école d’ingénieur

Devenir président à seulement 19 ans est une étape impressionnante. Quel a été l’élément déclencheur ?

Tout s’est fait naturellement, par étapes. J’ai gravi doucement les échelons : d’abord j’ai été responsable du club radio, que j’ai relancé avec l’aide de Marc Chambonnier, puis je suis devenu trésorier avant de devenir président. Le véritable élément déclencheur a été de réaliser que nos actions étaient utiles aux bénévoles et aux habitants de Demigny et des alentours. 

Justement n’est-ce pas trop stressant d’assumer de telles responsabilités, tout en gérant tes études?

Pas tellement, car je suis bien encadré et je prends du recul. Marc m’aide beaucoup pour faire la passerelle. Actuellement, avec mes concours qui approchent, c’est lui qui prend pas mal le relais car mon emploi du temps est très chargé. C’est parfois compliqué, surtout cette année avec les concours. Je n’ai plus autant de temps qu’avant pour être physiquement à la MJC, ce qui me manque un peu. Je fonctionne par petites touches : 15 minutes par-ci par-là pour répondre aux mails et gérer l’administratif. Je prends aussi des nouvelles notamment auprès de Marc C. et de mon frère (qui fait partie d’un club).

Quotidien entre deux mondes

Comment as-tu été accueilli par les bénévoles et partenaires souvent plus âgés ?

C’était un peu particulier au début, notamment quand je suis devenu trésorier à 16 ans. Pour certains adultes, il était plus difficile de faire confiance, mais j’ai montré que mon travail était “carré”. Même la Maire l’a souligné. Le fait que mes parents soient connus dans le milieu associatif local a aussi aidé à instaurer la confiance.

Mon âge est un atout pour créer un lien plus fort avec les jeunes du village.

Comment perçois-tu ce rôle au quotidien, considères-tu ton âge comme un défi ou plutôt comme un atout ?

J’ai envie de dire que mon âge est à la fois un défi et un avantage. C’est un défi car il faut prouver qu’on en est capable malgré la rareté de ce profil dans les MJC, mais c’est aussi un atout majeur pour comprendre les jeunes du village et créer un lien plus facile avec toutes les générations. Concrètement, mon quotidien est un équilibre complexe car mes études sont exigeantes cette année. Je ne peux plus être aussi présent physiquement que je le voudrais, alors j’essaie de trouver du temps par-ci par-là pour répondre aux mails et gérer l’administratif, tout en consacrant des créneaux spécifiques pour faire avancer les dossiers de la MJC en parallèle de mes cours.

Vision engagée et projet

La MJC de Demigny est un point de projection des tourneurs de Côte-d’Or. Quelle place accordes-tu au cinéma dans ta programmation ?  

C’est un rendez-vous mensuel crucial pour les habitants. Avoir un cinéma dans un village est une chance, car les grandes salles deviennent très chères. Cela permet de créer un moment d’échange entre les gens, ce qu’on ne retrouve pas forcément ailleurs.

Si tu avais un budget illimité pour une soirée spéciale projection, tu organiserais quoi ?

J’aimerais organiser un grand ciné-concert en plein air (tout public) car j’ai moi-même était marqué par des cinés en pleine air comme celle de la projection du film « Un p’tit truc en plus » d’Arthus. Ce serait un beau projet pour faire vivre le village, avec des personnes connues et moins connues pour que chacun y trouve son compte. J’aime l’idée de mélanger la musique et l’image pour faire vivre le village et rassembler toutes les générations. 

Réflexion sur l’engagement

Pourquoi est-il important de s’investir dans une association ? 

Cela fait vivre le village et offre des activités aux habitants. Pour les bénévoles, qui peuvent avoir la chance de faire partie d’une association en général. C’est une école de la vie : on y apprend à bricoler, à s’ouvrir aux autres, à gérer des réunions ou de la comptabilité. C’est un lieu d’entraide et de partage naturel.

Que dirais-tu à un autre jeune qui hésite à s’investir dans le milieu associatif ?

Je lui dirais que c’est une expérience incroyablement enrichissante. On y apprend tout : bricoler, parler en public, gérer une comptabilité… C’est un lieu de partage naturel où chacun apporte ses compétences et aussi un endroit où on peut découvrir plein de personnes venant de milieux différentes.

Anecdote / souvenir

Y a-t-il un moment fort ou une rencontre qui t’a rendu particulièrement fier ?

Récemment quand des jeunes de Demigny ont pu échanger en visio avec l’acteur Jean-Philippe Puymartin*. Voir que des jeunes s’investissent et vivent une expérience aussi rare m’a beaucoup touché.

Si tu devais résumer l’esprit de la MJC de Demigny, quels mots choisirais-tu et quel titre de film donnerais-tu à cette aventure ?

Pour décrire l’esprit de la MJC, je choisirais la mixité et la jeunesse. C’est un lieu intergénérationnel où l’on cultive une véritable jeunesse d’esprit : l’idée est de s’amuser, de profiter et de rigoler ensemble. Si cette aventure devait être un film, son titre serait « La colonie de vacances ». Ce titre représente parfaitement l’esprit de groupe, le plaisir d’être ensemble et l’aventure humaine que nous vivons au quotidien au sein de l’association.

* Comédien de doublage, notamment voix de Tom Hanks, Woody dans Toy Story, etc.., rencontré dans le cadre du projet Passeurs d’Histoire, porté par la MJC permettant à un groupe de huit jeunes (12-16 ans) de réaliser une mini-série avec l’aide d’artistes et techniciens professionnels.


Entretien réalisé le 14 avril 2026 par Nazla ALI HAMADA.