Portrait d’Agnès

Administratrice aux Maisons Pop – Chenôve (21)

Dans le projet des MJC il y a le principe d’accueil inconditionnel. Et ça, Agnès le revendique !

Revenons un peu sur son parcours.

Agnès était initialement technicienne en maintenance informatique. Sur le point d’être ingénieure, elle perd une partie de sa mobilité à cause d’une maladie : la polyarthrite rhumatoïde. Outre les contraintes physiques, cela génère aussi chez elle une remise en question. Elle fait du bénévolat pour se chercher, notamment avec les Éclaireurs de France, anime des activités en périscolaire, ce qui l’amène tout doucement vers l’idée de se lancer dans une carrière d’animatrice.

Elle voit une offre d’emploi au sein de l’association Manège (structure accueillant des enfants en situation de handicap) qui recrute justement. Attendant son entretien, elle passe le temps en jouant avec un petit garçon autiste qui était là, et, selon elle, grâce à ce « détail », elle décroche le poste ! C’est au sein de cette association qu’elle fait ses armes. Elle y passe son BPJEPS, et travaille à permettre aux enfants de l’association de fréquenter le Centre de Loisirs de la Fontaine d’Ouche, revendiquant déjà l’intérêt de faire se rencontrer les enfants dits « neurotypiques » et ceux dits « neuroatypiques ».

A la fermeture de la structure, elle intègre l’unité maternelle de l’Acodège. Elle y fait la rencontre de Diane Fraser, docteure en thérapie comportementale qui va la prendre sous son aile, lui proposant une place dans sa formation de 18 mois, alliant connaissances, pratiques et analyses de données. A l’issue de la formation, Agnès devient éducatrice sur les bases de techniques du comportement, à son compte, travaillant régulièrement avec l’association ABA Côte-d’Or. Confrontée à différentes situations, différents handicaps, Agnès est persuadée que chaque enfant est unique, et que la mixité est indispensable.

Il y a quelques années, Agnès se rend à la Boite à Vélo des Maisons Pop de Chenôve pour elle-même apprendre à faire du vélo (malgré sa maladie). Réalisant qu’à l’Association ABA les jeunes autistes passent leur temps entre eux, elle organise une sortie à la vélo-école de la MJC. Les jeunes deviennent alors cyclistes grâce à l’accompagnement des animateurs et bénévoles. C’était d’autant plus pertinent que ce sont des jeunes qui sont particulièrement sujets à des troubles alimentaires, et qui n’ont souvent aucune activité physique, entre autre parce que les parents peuvent être inquiets de les inscrire dans des clubs sportifs traditionnels.

Le résultat est sans appel : petit à petit, jeunes handicapés se mêlent aux autres, ils participent à d’autres activités, le regard qui pouvait être posé sur eux change, ils peuvent s’épanouir même au sein de leur fratrie et leurs familles trouvent un lieu pour se réunir, manger ensemble, échanger. Très présente au début pour accompagner les jeunes, Agnès laisse les animateurs gérer les enfants, persuadée qu’ils sont « comme les autres ».

Aujourd’hui, Agnès s’investit de plus en plus au sein de la MJC : elle a intégré le Conseil d’Administration depuis peu et s’épanouit dans la Section Handicap et Inclusion qui permet une réelle démystification du handicap, une entraide entre les parents, un accueil, des permanences et propose aussi des activités handisports. Elle a maintenant pour projet de faire de l’inclusion inversée, c’est-à-dire d’accompagner les jeunes porteurs de handicap dans la construction de leur propre projet.

Elle se retrouve pleinement dans les valeurs de l’éducation populaire. Pour elle le bénévolat est comme une évidence, un besoin même puisque ses 20 dernières années elle a l’impression de gagner son combat contre la maladie qui la touche, renforcée par l’idée que des enfants l’attendent !

Ce qui lui faire dire : « Grâce au bénévolat, je donne et je prends ».

Entretien réalisé par Laura Fonteniaud, le 8 janvier 2026